Mali/Football Ligue 1 Pro : le Stade malien arrache le derby, mais les crises internes inquiètent
LUNDI 2 NOVEMBRE 2026
Le Stade malien de Bamako a battu l’AS Real de Bamako 1-0, ce dimanche 1er novembre 2026, lors de la première journée de la Ligue 1 Pro, au stade Mamadou Konaté. Le coup d’envoi symbolique a été donné par le président de la Fédération malienne de football, Mahazou Baba Cissé, devant un public nombreux et passionné, venu assister au lancement de la nouvelle saison. Après une première période fermée, conclue sur un score vierge, les deux équipes ont offert une seconde période intense, ouverte et rythmée, avec de nombreuses occasions manquées de part et d’autre. À la 90e+1, Ousmane Coulibaly, dit Kalaba, a transformé un penalty décisif pour offrir les trois points aux Blancs de Sotuba, avant d’être expulsé par l’arbitre Boubou Traoré pour avoir reçu un second carton jaune lors de sa célébration.
L’homme du match, Fagnon Modibo Fomba, a été récompensé par un trophée et 100 000 FCFA, une initiative salutaire qui valorise enfin l’engagement individuel des joueurs dans le championnat national. La Fédération malienne de football mérite également d’être saluée pour les innovations apportées à la Ligue 1 Pro, notamment les prestations d’artistes avant le coup d’envoi et à la mi-temps, qui donnent au football malien une ambiance plus moderne, festive et attractive.
Toutefois, ce derby a aussi révélé une réalité préoccupante. Comment des clubs aussi prestigieux que le Stade malien et l’AS Real peuvent-ils prétendre représenter dignement le football malien alors qu’ils sont minés par de multiples crises internes ? Au Stade malien, une querelle oppose les dirigeants, et deux bureaux de supporters coexistent, tandis que l’AS Real traverse une instabilité telle que ses dirigeants ont destitué leur secrétaire général, Souleymane Doumbia. Ces conflits soulèvent une question essentielle : s’agit-il de la défense d’intérêts personnels ou d’une véritable ambition collective pour le club et ses supporters ?
Cette victoire doit donc servir d’avertissement aux autres clubs du Mali : un club peut être affaibli par ses querelles internes, mais il reste dangereux dès lors qu’il possède une culture de vainqueur et des joueurs décisifs. Il est temps que les dirigeants du Stade malien et de l’AS Real assument leurs responsabilités, privilégient le dialogue, apaisent leurs supporters et deviennent de véritables rassembleurs au service du club. Le football malien a besoin d’institutions solides, de dirigeants unis et de projets clairs, car la victoire sportive ne doit jamais masquer durablement les fragilités qui menacent l’avenir des grands clubs du pays.
Affaire à suivre
Moussa Traoré, alias GMT
Source : Benkadi-infos
