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Mali/ Élection de la Ligue de football de Bamako : troisième scrutin annulable ? Les statuts au cœur du bras de fer

LUNDI 03 AOÛT 2026

L’élection de la Ligue de Football du District de Bamako, tenue le 30 juillet 2026, replonge le football malien dans une nouvelle crise institutionnelle. Après deux tentatives avortées, le procès-verbal n°033/2026/CE/FEMAFOOT fait aujourd’hui l’objet d’une requête formelle adressée à la Commission d’appel des élections par Issa Sidibé, le président sortant. La demande vise l’annulation pure et simple du procès-verbal ainsi que de tous les actes subséquents, pour de multiples violations statutaires et irrégularités de procédure, selon Issa Sidibé.

La requête invoque, en premier lieu, l’omission, dans le procès-verbal, des dispositions statutaires impératives sur lesquelles le scrutin devait s’appuyer, notamment les articles 11.1, 13 et 21.2 des Statuts types des Ligues régionales. Sans rappel clair de ces textes, la détermination du corps électoral et du quorum — éléments centraux de toute assemblée élective — reste floue, selon les plaignants. La lettre de convocation de la Ligue, citée dans le procès-verbal, ne saurait, à elle seule, remplacer la base juridique exigée par les statuts de la FEMAFOOT, insiste la requête.

Le corps électoral au cœur du litige

Point central du litige : la composition du corps électoral. La plainte reproche aux organisateurs d’avoir convoqué uniquement les districts et les clubs de D2, en omettant les représentants des clubs du championnat national amateur et des clubs des championnats régionaux, tels que prévus à l’article 21.2.

Cette absence de convocation constitue, selon la requête, une violation flagrante susceptible d’entraîner la nullité de l’assemblée. D’autant que les dispositions transitoires de l’article 89, prévues pour l’installation des ligues régionales, n’auraient pas été respectées à Bamako, alors qu’elles l’auraient été ailleurs au Mali. Cette situation particulière de Bamako, qui ne serait pas motivée, soulève des accusations de rupture du principe d’égalité entre les ligues.

Les moyens juridiques présentés sont nombreux : omission des textes applicables, irrégularité du quorum, non-application de l’article 89 des dispositions transitoires, atteinte au principe d’égalité, atteinte à la sécurité juridique et à la sincérité du scrutin, ainsi que violation des principes de bonne gouvernance consacrés par la FIFA et la FEMAFOOT.

La requête soutient que l’irrégularité alléguée ne serait pas purement formelle : elle aurait pu influencer le déroulement et le résultat du vote et justifierait, dès lors, l’annulation du scrutin.

Un bras de fer aussi politique

Sur le plan politique et humain, la tension monte entre les protagonistes. Selon des sources proches du dossier, Issa Sidibé a de nouveau contesté le déroulement du scrutin, estimant que les règles n’ont pas été respectées.

De son côté, le camp d’Abdallah Abdoulaye Baby conteste certaines allégations et affirme que les convocations et les procédures ont été menées dans le respect des directives reçues, estimant notamment que l’article 89 serait devenu caduc.

Le duel juridique se double ainsi d’un bras de fer politique. L’enjeu va au-delà d’un simple poste, puisqu’il touche à la gouvernance du football dans la capitale, à la représentation des clubs et à la confiance accordée aux organes fédéraux.

La Commission d’appel sous pression

La responsabilité de la Commission d’appel des élections est particulièrement scrutée. Observateurs et parties prenantes attendent désormais que la Commission se prononce sur la requête et précise, sans ambiguïté, le quorum applicable ainsi que la conformité du procès-verbal contesté.

Certains se demandent si la Commission confirmera sa propre jurisprudence ou si elle adoptera une position différente sur ce dossier.

Si la Commission d’appel annule le procès-verbal, la Ligue du District de Bamako devra reprendre le processus électoral conformément aux statuts et aux dispositions applicables, ce qui prolongerait l’incertitude autour de la gouvernance locale du football.

À défaut, une validation du scrutin malgré les critiques pourrait provoquer de nouveaux recours, voire ouvrir la voie à un long contentieux devant les instances fédérales ou internationales du sport, et fragiliser davantage la crédibilité des organes en charge.

Quel impact sur les compétitions locales ?

Au-delà de la bataille juridique, une question demeure : quel impact ces disputes auront-elles sur la préparation des compétitions locales et sur la confiance des clubs et des supporters ?

En attendant la décision officielle de la Commission d’appel, la Ligue de Bamako demeure dans l’expectative. Le football national observe attentivement la manière dont ce dossier sera résolu. La décision à venir donnera un signal fort sur le respect des statuts, la transparence et la gouvernance du sport malien.

Affaire à suivre

Moussa Traoré alias GMT

Source : Benkadi-infos

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