MALI / SAMBO : Aïchata FOFANA, une héritière du trône qui place la barre au-delà de nos espérances
MARDI 23 JUIN 2026
En la voyant poser fièrement aux côtés de M. Mohamed Dalil Essakali, président de la Fédération Royale Marocaine de Sambo et de Tai-Jitsu ainsi que président de la Confédération Africaine de Sambo, Aïchata FOFANA démontre que l’amour, le travail et la discipline ne trahissent jamais.
Fille d’un fonctionnaire et d’une entrepreneuse de caractère, Aïchata FOFANA a grandi dans un environnement propice à l’épanouissement de ses talents. À force d’observer et d’admirer les combats incessants de sa mère, Mme Fofana Adja Mariam Traoré, elle finit par lui emboîter le pas après ses études d’infirmière au Maroc.
Après une enfance passée au Royaume chérifien, elle s’oriente vers le domaine de la formation et de l’accompagnement des entreprises. Très tôt, elle comprend que la compétitivité des organisations repose avant tout sur la qualité des ressources humaines.
Après plusieurs années de pratique du Sambo au Maroc, elle accompagne sa mère dans l’implantation et le développement de cette discipline au Mali.
Mme Fofana Adja Mariam Traoré a présidé la première Fédération malienne de Sambo de 2013 à 2017 avant de transmettre le flambeau à son héritière.
Depuis 2018, l’engagement sans faille d’Aïchata FOFANA au sein de la Confédération Africaine de Sambo lui a valu une place de choix. En 2019, elle est élue vice-secrétaire générale de la Confédération Africaine de Sambo ainsi que présidente de sa commission féminine. Elle exerce toujours ces responsabilités au sein de l’instance continentale.
Sous son leadership, de 2017 à nos jours, le Mali participe régulièrement aux Championnats d’Afrique et aux Championnats du monde de Sambo.
Soucieuse de renforcer les capacités des acteurs de la discipline, son bureau fédéral a favorisé la formation de deux officiels internationaux : un arbitre et un entraîneur, aujourd’hui engagés dans la promotion du Sambo.
Mariée et mère de famille, elle jongle entre sa vie de foyer, ses responsabilités de cheffe d’entreprise et celles de présidente de fédération.
« Mon mari m’aide énormément. Je lui dois une grande partie de ma réussite. Il est à la fois un confident, un ami et mon premier conseiller. Sans son soutien, je ne serais pas à ce niveau », a-t-elle confié.
Selon Boileau, « la façade d’une maison n’appartient pas à celui qui la construit, mais à celui qui la regarde ». Ainsi, la guerrière malienne est perçue par beaucoup comme une véritable pionnière dans la promotion du Sambo en Afrique de l’Ouest.
Pour M. Zongo Hamidou, directeur technique de la Côte d’Ivoire, Aïchata FOFANA est une personnalité qui inspire le respect et l’admiration :
« J’ai connu Aïchata vers 2019, avant la pandémie de Covid-19. Elle est brillante et déterminée. Elle accomplit un travail remarquable dans son pays et sur le plan africain. Elle est l’une des principales artisanes de la promotion de cette discipline dans la sous-région. Elle contribue à résoudre de nombreuses difficultés rencontrées par les pays d’Afrique de l’Ouest. Elle est ouverte, serviable et sincère dans ses relations. Je lui conseillerais simplement de poursuivre ses efforts dans la formation continue de ses athlètes », a-t-il déclaré.
Pour M. Guindo Hamidou, président de la Fédération burkinabè de Sambo, Aïchata FOFANA a été un véritable tremplin pour plusieurs pays de la sous-région :
« J’ai connu Aïchata en 2019. À cette époque, le Sambo n’existait pas au Burkina Faso. J’ai pris contact avec elle afin d’effectuer un stage au Mali. Après deux stages de formation, j’ai pu implanter le Sambo au Burkina Faso. Elle est à l’origine du développement de cette discipline dans mon pays, tandis que sa mère en est la fondatrice en Afrique de l’Ouest », a-t-il confié.
Il la considère également comme une héroïne des temps modernes,
« C’est une combattante dans l’âme. Si le Sambo s’est développé au Burkina Faso, c’est en grande partie grâce à elle. D’autres pays de la région ont également vu cette discipline se développer sous son impulsion. Elle joue un rôle central dans son expansion en Afrique de l’Ouest et demeure une personnalité influente au sein de la Confédération Africaine de Sambo », a-t-il affirmé.
Lors du 20e Championnat d’Afrique, sur six athlètes engagés, quatre ont remporté une médaille de bronze. Mais la plus grande satisfaction de la gardienne du temple demeure la fierté de servir son pays,
« Ma plus grande satisfaction est de représenter le Mali au sein de la Confédération. Nous travaillons essentiellement grâce au bénévolat. Malgré les difficultés, nos athlètes continuent de remporter des médailles », a-t-elle déclaré.
Pour Mme Aïchata FOFANA, l’arrivée du ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba a constitué une lueur d’espoir,
« Depuis l’arrivée du ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, nous bénéficions du soutien de l’État. Nous sommes accompagnés par les autorités maliennes et espérons poursuivre cette collaboration afin de porter toujours plus haut le drapeau national », a-t-elle expliqué.
Toutefois, la présidente de la Fédération malienne de Sambo rappelle que les défis demeurent importants ,
« La principale difficulté reste le manque de matériel. Les tapis et les tenues coûtent cher : il faut compter au minimum 200 dollars par athlète. Je m’appuie souvent sur mon réseau relationnel pour trouver des solutions. J’espère qu’un jour le ministère pourra nous aider davantage à alléger ce fardeau. Par ailleurs, le Mali est invité au Championnat du monde militaire de Sambo, prévu en Russie en août 2026. J’espère que notre pays répondra présent et que le sport militaire accompagnera cette initiative, d’autant plus qu’elle concerne un partenaire stratégique de l’armée malienne », a-t-elle conclu.
À titre de rappel, Youssouf Diallo (-73 kg) a été sacré champion d’Afrique en 2023 au Maroc.
Au-delà de son caractère sportif, le Sambo peut également constituer un outil de diplomatie sportive et de coopération avec l’un des partenaires stratégiques du Mali : la Russie.
Affaire à suivre.
Dianguina KEITA
Source : Benkadi Infos





